
Né Hypersensible
- laissezvivresoname

- il y a 4 jours
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Je suis né hypersensible.
Et pendant longtemps, j’ai cru que c’était une condamnation.
Je ne savais pas encore que certains êtres naissent sans armure.
Je ne savais pas encore qu’il existe des cœurs qui n’ont pas de peau.
Des cœurs qui ressentent un regard comme une caresse, une absence comme un abandon, un mot comme une promesse et un silence comme un tremblement de terre.
J’étais de ceux-là.
Je suis de ceux-là.
Je suis de ceux qui entrent dans une pièce et sentent immédiatement ce qui ne se dit pas.
De ceux qui entendent la tristesse derrière un rire.
De ceux qui voient la fatigue derrière les yeux.
De ceux qui demandent :
« Ça va ? »
et qui savent déjà que la réponse sera un mensonge.
Je ressens tout.
Parfois beaucoup trop fort.
La beauté.
Le manque.
L’amour.
Le rejet.
La musique.
Les souvenirs.
Les gens.
Le monde.
Tout entre en moi sans frapper.
Et longtemps, j’ai détesté ça.
J’ai détesté ce cœur capable de transformer une phrase en blessure.
J’ai détesté ces nuits à rejouer des conversations que les autres avaient oubliées depuis longtemps.
J’ai détesté m’attacher aussi fort.
Donner autant.
Espérer autant.
Pardonner autant.
J’ai détesté ressentir le départ de quelqu’un avant même qu’il ne ferme la porte.
Alors j’ai essayé de devenir comme les autres.
Plus froid.
Plus distant.
Plus dur.
J’ai essayé de fabriquer une armure autour de mon cœur.
Mais personne ne m’avait prévenu :
quand on enferme la douleur, on enferme aussi l’amour.
Alors quelque chose en moi s’est éteint.
Et j’ai compris.
Je n’étais pas venu au monde pour devenir insensible.
J’étais venu apprendre à ne plus avoir honte de sentir.
Parce que mon cœur n’était pas mon ennemi.
Il était mon instrument.
Ma boussole.
Mon feu.
Il était peut-être même…
mon cadeau.
À toi qui es hypersensible,
écoute-moi.
Je sais.
Je sais ce que c’est de vouloir arracher son propre cœur quelques minutes juste pour connaître enfin le silence.
Je sais ce que c’est de dire :
« Ce n’est pas grave »
alors qu’à l’intérieur de toi quelque chose vient de s’effondrer.
Je sais ce que c’est d’aimer des gens qui ne comprendront jamais combien tu les as aimés.
Parce que chez toi, aimer n’est pas un verbe léger.
Quand tu aimes, tu ouvres les portes.
Tu offres les clés.
Tu allumes toutes les lumières.
Et tu dis :
entre.
Voilà pourquoi certaines personnes ont laissé derrière elles des ruines.
Mais regarde-moi bien.
Ces ruines ne prouvent pas que ton cœur est faible.
Elles prouvent seulement que tu avais construit quelque chose de grand.
On t’a peut-être déjà dit :
« Tu prends tout trop à cœur. »
« Tu réfléchis trop. »
« Tu ressens trop. »
« Tu es trop sensible. »
Trop.
Toujours ce mot.
Comme si ton existence débordait de la taille qu’on lui avait autorisée.
Alors tu as commencé à te diminuer.
À t’excuser de pleurer.
À cacher ce qui te touchait.
À faire semblant que certaines choses ne te faisaient rien.
Tu as appris à dire :
« Je m’en fiche. »
Alors que ton cœur, lui, ne s’en fichait jamais.
Mais aujourd’hui, j’aimerais que tu arrêtes de demander pardon pour la profondeur de ton âme.
Parce que tu n’es pas trop.
Tu ressens profondément.
Et dans un monde qui apprend parfois aux êtres humains à ne plus rien sentir,
peut-être que ce n’est pas une faiblesse.
Peut-être que c’est une résistance.
Oui.
Ton hypersensibilité te fera souffrir.
Je ne vais pas te mentir.
Elle te fera connaître des tempêtes que certains ne comprendront jamais.
Mais elle te donnera aussi accès à des endroits que certains ne visiteront jamais.
Parce que là où quelqu’un voit un coucher de soleil, toi, parfois, tu vois la vie entière.
Là où quelqu’un entend une chanson, toi, tu retrouves un visage, une odeur, une époque, un amour, une version ancienne de toi-même.
Là où quelqu’un reçoit une étreinte,
toi, tu peux sentir ton âme rentrer à la maison.
Voilà ton cadeau.
Tu ne regardes pas seulement la vie.
Tu la ressens.
Et oui…
ça fait mal.
Mais mon Dieu,comme c’est beau aussi.
Alors protège ce cœur.
Pas en construisant des murs.
En construisant des portes.
Tout le monde ne mérite pas d’entrer.
Tout le monde ne mérite pas de toucher ce qui est sacré en toi.
Tu peux être profondément bon sans devenir le refuge de ceux qui refusent de se sauver eux-mêmes.
Tu peux comprendre la douleur de quelqu’un, sans accepter qu’il te fasse du mal.
Tu peux pardonner et ne pas rouvrir la porte.
Tu peux aimer et partir.
Tu peux ressentir énormément et choisir quand même toi.
C’est peut-être ça, grandir quand on est hypersensible.
Ne pas devenir plus dur.
Devenir plus conscient de la valeur de ce que l’on protège.
Aujourd’hui, je ne veux plus assassiner cette partie de moi pour être accepté.
Je ne veux plus avoir honte des larmes qui arrivent trop vite.
Je ne veux plus m’excuser d’aimer profondément.
Je ne veux plus diminuer mon cœur pour entrer dans des endroits trop petits pour lui.
Je suis né hypersensible.
Et je commence enfin à comprendre pourquoi.
Peut-être que je n’ai jamais eu besoin d’une armure.
Peut-être que j’avais simplement besoin d’apprendre à qui offrir mon cœur.
Parce que ce que j’appelais autrefois ma faiblesse est devenu ma manière d’aimer, ma manière de créer, ma manière de comprendre, ma manière d’être humain.
Alors si toi aussi tu es né avec le cœur à découvert, si toi aussi tu ressens le monde jusque dans tes os, je voudrais te laisser une seule chose.
Une phrase à garder pour les jours où tout sera trop fort.
Ne maudis jamais le cœur qui te permet de ressentir ce que d’autres passent une vie entière à chercher.
Protège-le.
Écoute-le.
Éduque-le.
Aime-le.
Parce qu’un jour, après toutes les tempêtes, après tous les départs, après toutes les fois où tu auras souhaité ressentir moins, tu regarderas peut-être ce cœur qui a été brisé mais qui, malgré tout, sait encore aimer…
et tu comprendras.
Tu n’étais pas maudit.
Tu étais vivant.
Terriblement.
Magnifiquement.
Infiniment vivant.
Je suis né hypersensible.
Et si c’était à refaire,
je choisirais encore ce cœur.
Même avec ses cicatrices.
Même avec ses tempêtes.
Même avec ses larmes.
Parce que je préfère mille fois un cœur qui peut se briser devant la beauté du monde qu’un cœur que plus rien ne peut toucher.
☀️ Grégory Wagner
Médium-Lumière · Activateur et Restaurateur du Divin
En cabinet ou à distance




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