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La Montagne Sacrée

  • Photo du rédacteur: laissezvivresoname
    laissezvivresoname
  • il y a 36 minutes
  • 5 min de lecture

Il existe quelque part, au-delà des paysages visibles, au-delà des terres que foulent les hommes et des horizons que contemplent leurs yeux, une montagne mystérieuse dont les anciens parlent à voix basse, comme s’ils craignaient qu’un mot trop lourd ne vienne troubler son silence.


Cette montagne n’appartient à aucun pays. Aucun géographe ne l’a dessinée. Aucun explorateur n’a inscrit son sommet sur une carte. Pourtant elle existe. Elle se dresse au cœur même de chaque être humain comme une présence ancienne, immobile et vivante, attendant patiemment le jour où l’âme entendra son appel.


Car il vient toujours un moment dans une existence où quelque chose commence à manquer. Tout semble pourtant être à sa place. Les journées s’écoulent. Les responsabilités sont assumées. Les projets avancent. Les saisons se succèdent. Mais au fond de soi demeure une étrange nostalgie, une sensation difficile à nommer, comme le souvenir d’une maison que l’on n’aurait jamais vue et dont pourtant chaque pierre nous serait familière.


Quelque chose nous appelle. Quelque chose nous attire vers une hauteur invisible. Alors commence le véritable voyage.


Au loin, la Montagne Sacrée apparaît.


Elle semble toucher les étoiles.

Sa cime disparaît dans les nuages de lumière.

Ses flancs majestueux traversent les mondes visibles et invisibles.

Et lorsque l’on pose son regard sur elle pour la première fois, une partie de nous sait déjà que toute notre vie va changer.


Car cette montagne ne demande pas simplement d’être gravie.

Elle demande d’être vécue.

Elle demande que chaque pas devienne une transformation.

Elle demande que chaque souffle devienne une offrande.

Elle demande que l’humain accepte peu à peu de devenir sacré.


Alors le marcheur s’engage.


Les premiers sentiers serpentent à travers les vallées de l’existence ordinaire. Les herbes hautes caressent ses jambes. Les vents transportent les parfums de son passé. Derrière lui demeurent les anciennes certitudes, les rôles qu’il croyait devoir jouer, les masques qu’il avait appris à porter pour être aimé, accepté ou reconnu. Devant lui, rien n’est encore certain. Seule la montagne demeure.

Immense. Silencieuse. Présente.


Très vite le chemin pénètre dans une forêt profonde où la lumière peine à traverser les branches. Les arbres y sont gigantesques. Leurs racines semblent plonger jusqu’aux origines mêmes de l’âme. C’est la forêt des blessures. C’est là que vivent les peurs oubliées, les abandons anciens, les tristesses que l’on croyait guéries et les parts de soi laissées derrière au fil des années. Le marcheur découvre alors que la montagne ne lui demande pas de fuir son humanité mais de la traverser entièrement. Il apprend à regarder ses blessures sans détourner les yeux. Il apprend à tenir la main de ses douleurs comme on tient celle d’un enfant perdu. Il découvre que les larmes sont parfois des rivières sacrées capables de nettoyer les vieux chemins de l’âme.


Plus il avance, plus quelque chose change en lui.

Les poids deviennent plus légers.

Les résistances commencent à se dissoudre.


Une nouvelle vibration apparaît.


Comme si la montagne elle-même respirait à travers son cœur.


Puis viennent les falaises.


Immenses.Verticales.Redoutables.


Le vent y souffle avec une force capable d’emporter les illusions les mieux ancrées. Là, le marcheur rencontre ce qu’il protège depuis toujours : son personnage. Celui qui veut réussir. Celui qui veut être admiré. Celui qui veut être vu. Celui qui veut être spécial. Chaque prise dans la roche exige un abandon. Chaque mètre gagné exige une vérité. Les mains saignent parfois. Les jambes tremblent. L’ego lutte pour survivre. Pourtant quelque chose de plus vaste pousse à continuer.


Alors les armures tombent.

Les prétentions tombent.

Les anciennes identités tombent.

Et sous tout cela apparaît enfin l’être nu.


Simple. Vivant. Authentique.


C’est à cet instant que la montagne cesse d’être un obstacle et devient une alliée.


L’ascension continue.

L’air change.

Il devient plus pur.

Plus léger.

Plus lumineux.


Le silence grandit autour du marcheur jusqu’à devenir presque palpable. Les pensées qui autrefois remplissaient chaque espace commencent à se taire. Les jugements se dissipent comme des brumes du matin. Les comparaisons disparaissent. Les peurs perdent leur pouvoir. Une paix inconnue commence à naître.


Alors il découvre que le Sacré n’est pas un lieu.

Le Sacré est une fréquence.

Une fréquence si fine qu’elle ne peut être perçue que lorsque le bruit intérieur s’apaise.


Le Sacré est cette présence silencieuse qui habite chaque pierre, chaque feuille, chaque souffle de vent.

Le Sacré est cette intelligence lumineuse qui traverse le vivant.

Le Sacré est ce regard nouveau qui permet enfin de voir Dieu partout.

Dans une fleur.

Dans un sourire.

Dans une larme.

Dans une naissance.

Dans une mort.

Dans le battement d’une aile.

Dans le silence entre deux respirations.


Et plus le marcheur s’élève, plus cette fréquence devient sa propre fréquence.

Car la montagne ne cherche pas seulement à lui faire découvrir le Sacré.


Elle cherche à faire de lui un être sacré.


Non pas sacré parce qu’il serait supérieur aux autres.

Mais sacré parce qu’il devient profondément présent.

Sacré parce qu’il cesse de se séparer de la Vie.

Sacré parce qu’il laisse enfin circuler en lui la lumière qu’il retenait depuis toujours.


Puis arrive la haute montagne.

Le royaume des neiges éternelles.

Là où tout devient blanc.

Là où les formes s’effacent.

Là où même les mots semblent devenir inutiles.


Le marcheur avance dans une immensité silencieuse où le ciel et la terre paraissent se confondre. Plus rien ne peut le guider à l’extérieur. Les anciennes croyances ont disparu. Les certitudes se sont dissoutes. Les repères se sont effondrés.

Il ne reste qu’une chose.


La Présence.


Cette Présence immense.


Vivante. Aimante. Infinie.


Cette Présence qui semble exister avant les mondes et après les mondes.

Cette Présence qui habite chaque cellule de son corps.

Cette Présence qui n’est ni ailleurs ni demain mais ici, maintenant.


Alors il comprend.


Il comprend que toute sa vie il a cherché à atteindre le sommet.

Mais que le sommet cherchait lui aussi à le rejoindre.


Il comprend que Dieu n’était pas au bout du chemin.

Dieu était le chemin.

Dieu était le vent qui l’avait poussé.

Dieu était les pierres qui l’avaient fait trébucher.

Dieu était les blessures qui avaient ouvert son cœur.

Dieu était la lumière cachée derrière chaque nuit.


Et lorsque finalement il atteint la cime de la Montagne Sacrée, il ne trouve ni palais, ni trône, ni récompense.

Il trouve un immense soleil intérieur.

Une source de lumière infinie.

Un amour si vaste qu’il semble contenir toutes les étoiles.

Un amour qui ne juge rien.

Qui ne rejette rien.

Qui accueille tout.


Et dans cette lumière, le voyageur disparaît.

Ou plutôt, il cesse enfin d’être séparé.

Il devient montagne.

Il devient ciel.

Il devient souffle.

Il devient présence.

Il devient sacré.


Et lorsqu’il redescend vers les vallées des hommes, son visage est le même mais son regard a changé. Il marche toujours sur les mêmes chemins, rencontre les mêmes personnes, accomplit les mêmes gestes, mais désormais chaque instant est traversé par une lumière invisible. Il ne cherche plus le Sacré dans les temples, dans les enseignements ou dans les sommets lointains, car il sait que le Sacré habite désormais chacun de ses pas.


Et depuis ce jour, chaque souffle devient une prière silencieuse.

Chaque regard devient une bénédiction.

Chaque rencontre devient un autel.

Chaque battement de son cœur devient un chant d’éternité.


Car celui qui a gravi la Montagne Sacrée découvre finalement le plus grand des mystères : le sommet n’était pas un lieu à atteindre, mais un état d’être à devenir.



☀️ Grégory Wagner

Médium-Lumière · Activateur et Restaurateur du Divin

En cabinet ou à distance

 
 
 

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©2020 par Grégory Wagner.

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