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Je ne suis pas Heureux mais je ne suis pas Malheureux

  • Photo du rédacteur: laissezvivresoname
    laissezvivresoname
  • 2 juin
  • 5 min de lecture

S'il existe une phrase que j'entends régulièrement dans mes consultations, c'est celle-ci :


« Je ne suis pas heureux, mais je ne suis pas malheureux. »


Longtemps, je n'y ai pas prêté attention.


Après tout, cette phrase semble raisonnable.

Elle ne contient ni plainte, ni colère, ni drame.

Elle semble même révéler une certaine maturité.

Comme si la personne avait trouvé un équilibre entre ses attentes et la réalité de sa vie.


Mais avec les années, j'ai commencé à entendre autre chose derrière ces mots.

J'ai commencé à percevoir une vibration particulière.

Une vibration que je retrouve chez beaucoup de personnes qui viennent me consulter.

Et cette vibration n'est ni celle de la souffrance.

Ni celle de la joie.


C'est la vibration de l'immobilisme.

Une forme de stagnation intérieure.


Une zone étrange dans laquelle l'être ne souffre plus suffisamment pour changer, mais ne vit plus suffisamment pour grandir.


Et c'est précisément ce qui rend cet état si dangereux.


Lorsque quelqu'un est profondément malheureux, il existe encore un mouvement.

La souffrance est douloureuse, bien sûr.


Mais elle crée une tension.

Elle crée une pression.

Elle crée une nécessité.


À un moment donné, la personne ne peut plus continuer ainsi.

Elle finit par quitter ce travail qui l'épuise.

Elle finit par sortir de cette relation qui la détruit.

Elle finit par demander de l'aide.

Elle finit par réagir.


Le malheur possède encore une force.

Il possède encore un feu.

Un feu douloureux.

Mais un feu malgré tout.


Or, lorsque quelqu'un me dit :

« Mon couple n'est pas extraordinaire, mais ce n'est pas l'enfer non plus. »

« Mon travail ne me passionne pas, mais il est correct. »

« Ma vie ne me fait pas vibrer, mais elle est confortable. »

Alors je sais que nous entrons dans un territoire beaucoup plus complexe.

Parce qu'il n'y a plus assez de douleur pour provoquer un changement.

Et il n'y a plus assez de désir pour provoquer une création.

La personne reste donc là où elle est.

Année après année.

Parfois décennie après décennie.


Et c'est là que commence ce que j'appelle la végétation intérieure.

Le mot peut sembler brutal.

Pourtant, je n'en connais pas de plus juste.


Une plante vivante pousse.

Elle se développe.

Elle cherche la lumière.

Elle étend ses racines.

Elle conquiert de nouveaux espaces.


Mais lorsqu'une plante cesse de croître, quelque chose s'est interrompu dans son élan naturel.

Elle survit.

Elle existe encore.

Mais elle ne s'accomplit plus.


Je crois que beaucoup d'êtres humains vivent aujourd'hui dans cet état.

Ils ne sont pas morts intérieurement.

Ils ne sont pas effondrés.

Ils continuent à travailler.

À aimer parfois.

À voyager.

À rire.

À organiser leur quotidien.


Pourtant quelque chose ne pousse plus.

Quelque chose ne cherche plus la lumière.

Quelque chose s'est arrêté.

Et c'est cela que je ressens souvent derrière cette phrase.

Non pas un manque de bonheur.

Mais un arrêt de croissance.

Comme si l'âme avait cessé d'avancer.

Comme si elle avait accepté de vivre dans un territoire plus petit qu'elle-même.


Avec le temps, j'ai compris que ce phénomène naissait rarement d'un manque de capacité.

La plupart des personnes concernées sont intelligentes.

Sensibles.

Profondes.

Elles comprennent beaucoup de choses.

Parfois même trop.

Elles ont lu.

Elles ont travaillé sur elles.

Elles ont fait des stages.

Des thérapies.

Des formations.

Elles savent.

Mais savoir n'est pas vivre.

Comprendre n'est pas choisir.


Et c'est là que se trouve souvent le problème.

À force de s'adapter, l'être humain finit par perdre le contact avec ce qui l'appelle.

Il apprend à composer avec ce qui ne lui convient pas.

Il apprend à tolérer ce qui l'éteint.

Il apprend à survivre à ce qui ne le nourrit plus.


Puis un jour, il appelle cela la vie.

J'observe souvent ce phénomène dans les relations amoureuses.

Des personnes me parlent de leur couple.

Elles ne sont pas heureuses.

Mais elles ne sont pas suffisamment malheureuses pour partir.

Alors elles restent.

Elles restent parce qu'il n'y a pas de violence.

Parce qu'il n'y a pas de conflit majeur.

Parce que l'autre est quelqu'un de bien.

Parce que tout semble acceptable.

Et parfois vingt années passent.

Vingt années sans véritable amour.

Sans véritable élan.

Sans véritable croissance.

Simplement parce qu'il n'y avait pas assez de souffrance pour provoquer un départ.


Le même phénomène existe dans le travail.

Le même phénomène existe dans les familles.

Le même phénomène existe dans la spiritualité

.

Certaines personnes ne sont pas enfermées par leurs blessures.

Elles sont enfermées par leur capacité d'adaptation.

Elles se sont adaptées à ce qui ne les nourrit plus.

Et cette adaptation devient leur prison.


Plus les années passent, plus je suis convaincu que le véritable opposé du bonheur n'est pas le malheur.

Le véritable opposé du bonheur est l'endormissement.

Car un être malheureux est encore en mouvement.

Il cherche une issue.

Il cherche une réponse.

Il cherche une lumière.


Mais un être qui s'est résigné à une existence tiède cesse progressivement de chercher.

Et lorsqu'il cesse de chercher, il cesse aussi de grandir.

Alors l'âme commence à s'appauvrir.

Non parce qu'elle manque de lumière.

Mais parce qu'elle manque d'espace.

Elle possède toujours ses rêves.

Ses intuitions.

Ses possibilités.

Ses appels.

Mais ils restent enfermés à l'intérieur.

Ils ne trouvent plus de passage vers la matière.

Ils ne deviennent jamais des choix.

Jamais des décisions.

Jamais des actes.


Et c'est là que se produit le véritable drame.

Pas le drame spectaculaire que l'on voit dans les films.

Un drame beaucoup plus silencieux.

Beaucoup plus discret.

Le drame d'une existence qui ne devient jamais ce qu'elle aurait pu être.


Car la plupart des gens ne perdent pas leur vie en une seule fois.

Ils la perdent par petits renoncements successifs.

Ils la perdent chaque fois qu'ils choisissent le confortable plutôt que le vivant.

Chaque fois qu'ils choisissent l'habitude plutôt que la vérité.

Chaque fois qu'ils choisissent la sécurité plutôt que l'élan.

Chaque fois qu'ils disent :

« Ce n'est pas parfait, mais ça pourrait être pire. »


Cette phrase semble anodine.

Pourtant elle enterre parfois des destinées entières.

Parce qu'une âme n'est pas venue sur Terre pour vivre une vie qui pourrait être pire.

Elle est venue pour déployer ce qu'elle porte.

Elle est venue pour croître.

Elle est venue pour devenir davantage elle-même.

Elle est venue pour participer pleinement à son existence.


Voilà pourquoi cette phrase m'interpelle autant.

« Je ne suis pas heureux, mais je ne suis pas malheureux. »

Parce qu'elle cache parfois une réalité beaucoup plus profonde.

Elle ne parle pas d'un manque de bonheur.

Elle parle d'une absence de mouvement.

Elle parle d'une vie qui ne souffre plus assez pour changer.

Et qui ne rêve plus assez pour créer.

Elle parle d'une âme qui s'est installée dans une salle d'attente.

Et qui espère encore que la vie viendra la chercher.

Mais la vie ne vient pas chercher ceux qui attendent.


La vie répond à ceux qui avancent.

Même maladroitement.

Même imparfaitement.

Même avec peur.

Parce que le mouvement appelle le mouvement.

Parce que la croissance appelle la croissance.

Parce que la vie appelle la vie.


Et peut-être qu'au fond, la vraie question n'est pas :

« Suis-je heureux ? »

Ni même :

« Suis-je malheureux ? »

La vraie question est infiniment plus dérangeante.

« Est-ce que je suis encore en train de grandir ? »

Parce que le jour où la croissance s'arrête, l'âme commence à s'endormir.


Et une âme endormie peut passer toute une vie à respirer sans jamais réellement vivre.

Le plus grand drame n'est donc peut-être pas de souffrir.


Le plus grand drame est de s'habituer à une vie qui ne nous fait plus grandir.

Car lorsqu'une âme cesse de grandir, elle ne meurt pas.


Elle attend.

Parfois dix ans.

Parfois vingt ans.

Parfois toute une existence.


En espérant qu'un jour quelqu'un ou quelque chose vienne rallumer le feu.


Alors que depuis le début, ce feu attendait simplement que nous choisissions enfin de vivre.


☀️ Gregory Wagner

Médium-Lumière · Activateur et Restaurateur du Divin

En cabinet ou à distance

 
 
 

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©2020 par Grégory Wagner.

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