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Je ne m’excuse plus d’exister

  • Photo du rédacteur: laissezvivresoname
    laissezvivresoname
  • 10 mai
  • 5 min de lecture

Il existe des êtres qui passent leur vie entière à demander pardon sans jamais prononcer le mot.

Ils demandent pardon en se faisant petits.


En parlant doucement.

En prenant moins de place que leur âme.

En ayant peur de déranger.

En s’excusant trop vite.

En donnant plus qu’ils ne reçoivent.

En acceptant l’inacceptable.

En se condamnant eux-mêmes avant que le monde ne le fasse.


Et un jour, lorsqu’ils s’arrêtent enfin pour regarder leur propre fatigue, ils découvrent quelque chose de bouleversant :

Ils ont vécu comme s’ils devaient rembourser le simple fait d’être en vie.

Comme si exister avait créé une dette.

Alors ils ont essayé d’être parfaits pour mériter leur place.


Gentils pour ne pas être rejetés.

Utiles pour ne pas être abandonnés.

Silencieux pour ne pas gêner.

Brillants pour être aimés.

Forts pour ne pas être un poids.

Disponibles pour ne pas perdre l’amour.


Mais derrière tous ces comportements, il y avait souvent une croyance invisible :

« Je dois payer le prix de ce que je suis. »

Et cette croyance ne naît pas du hasard.

Elle naît souvent très tôt.


Dans des regards.

Des silences.

Des gestes.

Des soupirs.

Des absences.

Des attentes.

Des blessures familiales que l’enfant a absorbées comme une vérité.

Parce qu’un enfant ne remet pas ses parents en question.


Il se remet lui-même en question.

Alors lorsque l’amour semble compliqué, tendu, conditionnel ou douloureux, l’enfant finit presque toujours par croire :

« Le problème, c’est moi. »


Et à partir de là, toute une vie peut se construire autour d’une tentative secrète : mériter le droit d’exister.


Parfois, cela vient du père.

D’un père froid. Absent. Dur. Exigeant. Écrasant ou incapable de voir l’enfant autrement qu’à travers la réussite, la force ou la performance.

Alors l’enfant comprend qu’il devra devenir quelqu’un pour avoir le droit d’être aimé.


Il devra réussir.

Impressionner.

Ne jamais faillir.

Ne jamais être faible.

Ne jamais pleurer.

Ne jamais décevoir.


Et plus tard, devenu adulte, il continuera de courir après une validation qui ne vient jamais vraiment.

Il se dépassera sans cesse.

Il portera le monde sur ses épaules.

Il aura peur de l’échec comme d’une condamnation intérieure.

Il confondra amour et mérite.

Il confondra valeur et utilité.


Au fond, il ne cherchera pas seulement à réussir.

Il cherchera inconsciemment à obtenir enfin l’autorisation d’exister.


D’autres fois, cela vient de la mère.

D’une mère blessée. Triste. Envahissante. Sacrificielle. Fusionnelle ou émotionnellement absente.

Alors l’enfant sent qu’il devient responsable du bonheur de celle qui lui a donné la vie.


Il apprend à ne pas déranger.

À prendre soin de l’autre avant lui-même.

À porter des émotions qui ne lui appartiennent pas.

À devenir le réparateur silencieux de la souffrance maternelle.


Et plus tard, adulte, il culpabilisera d’avoir des besoins.

Il culpabilisera d’être heureux quand les autres souffrent.

Il culpabilisera de dire non.

De choisir sa vie.

De partir.

D’aimer librement.

De penser différemment.

Comme si vivre pleinement était une trahison.


Alors il s’excuse d’exister à travers le sacrifice.

Il donne trop.

Supporte trop.

Pardonne trop.

S’oublie trop.


Parce qu’au fond, il croit encore que son amour doit compenser quelque chose.

Certaines personnes ont grandi dans des familles où elles étaient aimées seulement lorsqu’elles étaient sages, utiles, discrètes ou performantes.


D’autres ont senti qu’elles étaient « de trop ».

Pas forcément par des mots.

Mais par des vibrations.

Un enfant ressent tout.

Il ressent les tensions avant les phrases.

Les regrets avant les aveux.

Les blessures derrière les sourires.

Il peut sentir qu’il est arrivé à un mauvais moment.

Qu’il coûte trop cher émotionnellement.

Qu’il dérange une vie déjà fragile.

Qu’il doit mériter sa présence.


Et alors, inconsciemment, il commence à vivre en mode réparation.

Il devient celui qui aide.

Celui qui sauve.

Celui qui comprend tout le monde.

Celui qui ne demande rien.

Celui qui endure.

Celui qui prend sur lui.


Mais personne ne voit la fatigue immense derrière cette posture.

Parce qu’il est épuisant de vivre en ayant l’impression qu’il faut continuellement rembourser sa présence sur Terre.

Épuisant de croire qu’il faut mériter chaque place, chaque amour, chaque bonheur.

Épuisant de porter cette honte invisible d’être soi.


Et pourtant…

Aucune âme ne vient au monde pour demander pardon d’être née.

Tu n’es pas une erreur à corriger.

Tu n’es pas un poids cosmique.

Tu n’es pas une faute que l’existence aurait commise.


Tu es une vie.

Une vie entière.


Sacrée.

Unique.

Irréversible.


Et le jour où cette vérité commence à entrer dans le corps, quelque chose de profond se transforme.

On arrête de se suradapter en permanence.

On arrête de quémander l’amour.

On arrête de courir après la validation.

On arrête de se diminuer pour rassurer les autres.

On arrête de croire qu’il faut souffrir pour mériter.


Alors une nouvelle manière de vivre apparaît.

On ose dire non sans culpabiliser.

On ose prendre sa place sans se justifier.

On ose être visible.

On ose être heureux sans attendre une catastrophe.

On ose recevoir sans devoir rendre immédiatement.

On ose respirer sans honte.


Et cela change tout.


Parce qu’une personne qui ne s’excuse plus d’exister ne dégage plus la même fréquence.

Elle ne parle plus depuis la peur d’être rejetée.

Elle ne crée plus depuis le manque.

Elle ne donne plus pour acheter l’amour.

Elle ne s’efface plus pour maintenir la paix.

Elle devient vraie.


Et il y a quelque chose de bouleversant dans un être qui devient vrai.

Sa voix change.

Son regard change.

Son énergie change.

Même son silence change.


Il n’a plus besoin de convaincre le monde qu’il mérite d’être là.

Il est là.

Simplement.

Entièrement.

Profondément.


Il comprend enfin que l’existence n’est pas une dette.

C’est une naissance.

Alors peu à peu, il cesse de vivre comme un invité dans sa propre vie.

Il entre réellement dans son incarnation.

Il choisit ce qui lui correspond.


Il quitte ce qui l’éteint.

Il cesse de trahir son âme pour être accepté.

Il arrête de porter les responsabilités émotionnelles des autres.


Et parfois, cela dérange.

Parce que ceux qui ont toujours profité de ton effacement ressentent immédiatement lorsque tu cesses de t’abandonner.

Ton changement leur rappelle leur propre peur d’exister pleinement.

Alors certains diront que tu as changé.

Mais la vérité, c’est que tu reviens simplement vers toi.


Tu redeviens l’être que tu étais avant d’apprendre à culpabiliser d’être vivant.

Avant d’apprendre à te faire petit.

Avant d’apprendre à te suradapter.

Avant d’apprendre à croire que l’amour devait être mérité.


Et peut-être que la guérison commence exactement ici :

Dans cette phrase intérieure que l’âme murmure enfin après des années de survie.


Je ne vais plus passer ma vie à payer pour ma naissance.


Je ne vais plus réduire ma lumière pour rassurer les blessures des autres.


Je ne vais plus demander pardon pour ma sensibilité, ma présence, ma vérité, mon intensité, mon cœur, mon existence.


Je ne m’excuse plus d’exister.


Et lorsqu’un être prononce cela depuis le plus profond de son âme, quelque chose dans l’univers entier se réaligne autour de lui.

Parce qu’à cet instant précis, il cesse enfin de vivre contre lui-même.



☀️ Gregory Wagner

Médium-Lumière · Activateur et Restaurateur du Divin

En cabinet ou à distance




 
 
 

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©2020 par Grégory Wagner.

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