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Le Jour où je me suis quitté

  • Photo du rédacteur: laissezvivresoname
    laissezvivresoname
  • 5 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 déc. 2025


Il existe un moment dans la vie où l’on continue d’avancer, mais plus rien en nous ne marche vraiment. Un moment où, sans bruit, sans crise apparente, sans effondrement spectaculaire, on a commencé à se quitter. Le monde autour de nous croit que tout va bien, parce que le corps se présente, parle, travaille, mange, accomplit mécaniquement ce qu’on attend de lui. Mais l’essentiel n’est plus là. L’essentiel, c’est-à-dire la présence vivante, s’est retirée. Elle n’a pas fui, elle ne s’est pas révoltée : elle a glissé, avec une douceur presque imperceptible, vers un autre plan. Et ce retrait n’est jamais un caprice : il est toujours une réponse à quelque chose qui, un jour, nous a submergés.


On ne cesse pas de s’inviter sans raison. Avant cette retraite intérieure, il y a eu un choc : un trauma trop brut, une humiliation trop profonde, une blessure d’indignité tellement violente qu’elle a arraché la racine même de la sécurité intérieure. Ce sont des instants qui marquent le cœur comme une brûlure acide, des instants où l’on comprend — ou plutôt où l’on croit comprendre — que notre présence dérange, ne vaut rien, ne mérite pas d’être là. Et c’est à ce moment précis que l’âme fait un choix secret :


« Si être ici fait si mal, alors je vais me retirer. »


Ce retrait, on pourrait croire qu’il est dramatique, bruyant, visible. Mais non. Il est silencieux. Il se fait en douceur pour ne pas effondrer le système. On continue de vivre, mais en marge de soi. On s’absente de son propre centre pour survivre à la déflagration.


Et c’est ainsi que l’on commence à mettre notre présence sur un autre plan, un plan où l’on ne ressent plus pleinement, où l’on ne s’engage plus entièrement, où l’on observe la vie à travers une vitre intérieure. Peut-être te reconnais-tu ici : ce sentiment diffus d’être là, mais comme derrière toi-même ; de faire les choses, mais sans être celui qui les vit réellement.


À partir de là, tout change.

Sans bruit.

Sans alerte.

Sans que personne ne s’en aperçoive.

Même toi, parfois, tu n’en as pas conscience.



Les signes, ces indices minuscules que l’on ne s’habite plus


Il y a des signes, discrets, ténus, presque honteux parfois, qui montrent que la présence s’est retirée. Peut-être les reconnaîtras-tu. Peut-être les as-tu déjà sentis flotter en toi.


Tu reconnaîtras peut-être ce moment où :


  • tu vis en pilote automatique, comme si ton corps fonctionnait à ta place ;

  • tu ne ressens plus vraiment tes émotions, ou alors seulement quand elles débordent d’un coup ;

  • tu ne sais plus ce qui te fait du bien, ni ce que tu veux vraiment ;

  • tu restes dans des situations lourdes parce que tu n’as plus la force — ou même la conscience — de partir ;

  • tu ne te souviens plus de la dernière fois où tu t’es senti pleinement vivant ;

  • tu observes les autres ressentir, rire, vibrer, et tu te demandes pourquoi toi… tu ne sens plus rien ;

  • tu fais semblant. Sans même le vouloir. Sans savoir comment arrêter.



Te reconnais-tu dans l’un de ces lieux ?

Dans deux ?

Dans tous ?


Ce sont des signaux doux, mais implacables :

tu t’es quitté sans t’en rendre compte.



Les conséquences profondes : quand la vie continue, mais sans toi dedans


Ne plus s’habiter, ce n’est pas seulement être fatigué, dispersé ou « un peu ailleurs ».

C’est un basculement.

Une mécanique intérieure qui se dérègle dans le silence.


Car quand la présence se retire, quelque chose prend sa place. La vie n’admet jamais le vide.


Ce qui s’installe alors n’est pas notre lumière, ni notre âme : ce sont des fragments nés du trauma. Des personnages intérieurs créés dans l’urgence. Ils ont été construits au moment exact où nous avons cessé de croire que notre être pouvait tenir la charge du monde.


Ce sont eux qui, désormais :


  • parlent à notre place,

  • choisissent à notre place,

  • réagissent à notre place.


Et peut-être les reconnaîtras-tu…


Le Contrôleur, qui veut tout maîtriser pour ne plus jamais être blessé.

Le Saboteur, qui nous coupe les ailes juste avant qu’on vole.

La Victime figée, qui ne voit plus aucun possible.

Le Juge intérieur, qui répète les phrases entendues autrefois comme des vérités absolues.

Le Fuyant, qui quitte les situations dès qu’elles deviennent intenses.


Ils semblent nous punir, nous retenir, nous empêcher d’avancer.

Mais en réalité, ils sont nés d’un seul geste :

le jour où notre présence a décidé de partir.


Alors la vie devient étrange.

On réussit parfois, mais sans joie.

On aime parfois, mais sans s’abandonner.

On vit parfois, mais par fragments.

On espère parfois, mais sans y croire entièrement.


On devient le témoin de sa propre existence.

On se regarde vivre comme on regarderait quelqu’un d’autre porter un masque qui nous ressemble.


Et toi…

est-ce que tu te reconnais dans ce dédoublement ?

Dans cette sensation de ne pas être complètement celui qui vit ta propre histoire ?


Parce que ce que cela entraîne réellement, profondément, c’est ceci :


Quand tu ne t’habites plus, tu ne te choisis plus.

Quand tu ne te choisis plus, tu ne t’aimes plus.

Et quand tu ne t’aimes plus, tu te perds sans bruit.



La désincarnation : ce mouvement invisible où l’on disparaît sans mourir


Ne plus s’habiter, c’est devenir étranger à son propre cœur.

C’est avancer sans sentir la direction.

C’est porter son corps comme un vêtement trop large.

C’est vivre dans un monde où tu n’es plus l’auteur, mais un figurant dans ton propre récit.


Et la vérité silencieuse, la plus terrifiante peut-être, c’est que plus le temps passe, plus on oublie qu’on s’est quitté.

On finit par croire que c’est ça, être adulte.

Que c’est ça, avoir souffert.

Que c’est ça, vivre.


On ne sait plus qu’il existe un autre état.

On ne sait plus qu’on a déjà été vivant autrement.

On ne sait plus qu’un jour, avant tout cela, notre présence illuminait tout ce qu’elle touchait.


On croit que la fadeur est normale.

Que la distance est logique.

Que l’absence de soi est inévitable.


Alors, doucement, l’âme attend.

Elle ne force jamais.

Elle ne choque pas.

Elle ne frappe pas la porte.

Elle attend que tu la reconnaisses.

Que tu te poses la question que personne ne peut poser à ta place.



La chute : celle qui ouvre l’abîme intérieur


Et un jour — peut-être aujourd’hui, peut-être en lisant ces lignes — une question remonte, une question simple mais dévastatrice, une question que seule ta présence peut entendre.


Elle ne te propose aucune solution, aucune marche à suivre, aucune guérison.

Elle ne promet rien.

Elle ne rassure rien.

Elle ne répare rien.


Elle t’oblige seulement à regarder ce que tu as laissé derrière toi.


Si ce n’est plus toi qui t’habite…

qui habite ta vie à ta place ?


Et surtout —

combien de temps peux-tu continuer ainsi

avant de disparaître tout à fait de toi-même ?



☀️ Grégory Wagner

Médium-Lumière · Activateur et Restaurateur du Divin

📍 En cabinet ou à distance

 
 
 

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©2020 par Grégory Wagner.

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